Mercredi 8 mai 3 08 /05 /Mai 07:17

États-Unis: le cauchemar des trois séquestrées de Cleveland

Entourée de sa soeur et de sa fille, née pendant la captivité, Amanda Berry (au centre), une des trois femmes kidnappées, était mercredi en observation dans l'hôpital de Cleveland.

Entourée de sa soeur et de sa fille, née pendant la captivité, Amanda Berry (au centre), une des trois femmes kidnappées, était mercredi en observation dans l'hôpital de Cleveland. Crédits photo : -/AFP

Amanda Berry, Gina DeJesus et Michelle Knight avaient été kidnappées il y a plus de dix ans. Trois frères ont été arrêtés.

 

Lundi vers 5 heures du soir, Charles Ramsey est en train de manger son McDonald dans sa maison de la rue Seymour, dans un quartier modeste de Cleveland, quand soudain cet Afro-Américain entend des hurlements. Il sort dans la rue et aperçoit un bras qui s'agite à travers un trou pratiqué dans la porte d'entrée de la maison d'en face, une bâtisse blanche à deux étages dont il connaît le propriétaire pour avoir parfois fait la causette avec lui devant un barbecue.

 

«J'ai vu cette fille qui devenait folle en essayant de sortir de la maison. Elle criait: “aidez-moi!..”» Charles monte sur le porche et défonce le bas de la porte. La jeune femme rampe hors de la maison, suivie d'une petite fille brune de 6 ans. Tremblante et affolée, elle lui emprunte son téléphone et appelle les urgences de la police au 911 à 5 h 52. «Aidez-moi, balbutie-t-elle, je suis Amanda Berry, j'ai été kidnappée et portée disparue pendant dix ans…» «Ne bougez pas, on va arriver», répond un policier de garde, qui demande l'adresse et le nom de son kidnappeur. «Il s'appelle Ariel Castro… Il est hispanique… J'ai besoin de la police avant qu'il ne revienne… J'ai fait l'actualité pendant ces dix dernières années», sanglote-t-elle.

Deux autres femmes disparues retrouvées

Deux minutes plus tard, des policiers sont sur place pour secourir Amanda et sa fille. Les officiers font également sortir de la lugubre maison Gina DeJesus et Michelle Knight, deux autres jeunes femmes disparues sans laisser de traces depuis plus d'une décennie. La scène du crime est bouclée par le FBI, qui arrête le propriétaire de la maison, Ariel Castro, 52 ans, à quelques rues de là, dans un McDonald. Ses deux frères, Pedro, 54 ans, et Onil, 50 ans, sont également appréhendés. Le cauchemar des trois miraculées de Cleveland s'achève à l'hôpital où elles sont transportées d'urgence.

 

Pour Amanda Berry, 27 ans aujourd'hui, l'horreur débute le 16 avril 2001, à l'âge de 16 ans, alors que cette adolescente au visage rond et au sourire charmeur vient tout juste d'appeler sa sœur pour lui dire qu'elle va se faire raccompagner en voiture à la maison, depuis le Burger King où elle travaille. Mais les heures, les jours, les mois et les années passent sans que la jeune fille réapparaisse. Au départ, l'émotion est immense. Le FBI et la police se mobilisent pour des recherches tous azimuts. Mais avec le temps, l'espoir de retrouver l'adolescente s'étiole. En 2006, Louwana Miller, la mère, folle de chagrin, meurt d'un cancer. Personne ne peut imaginer qu'Amanda est retenue à quelques pâtés de maisons de son domicile et que le «mal» qui rôde, impuni, a le visage d'un chauffeur de bus scolaire du quartier à la fine barbiche, musicien à ses heures perdues.

Amanda Berry et Gina DeJesus.

Amanda Berry et Gina DeJesus. Crédits photo : HANDOUT/REUTER

Un an après la séquestration d'Amanda Berry, le 2 avril 2004, Ariel Castro prend aussi dans ses filets de prédateur Gina DeJesus, 14 ans, jolie fille aux cheveux bouclés, qui rentre de l'école. Ariel détenait aussi Michelle Knight, autre jeune fille disparue le 22 août 2002, à l'âge de 20 ans - que sa famille croyait partie de son plein gré. Les trois prisonnières étaient-elles les jouets sexuels des trois frères Castro? Comment ont-elles pu rester recluses si longtemps en pleine ville sans jamais avoir l'occasion de communiquer avec l'extérieur ou de s'échapper? Quelle vie ont-elles mené? Et qui est le père de la petite fille, dont Amanda Berry a dit être la mère?

Questions sans réponses

Le maire de Cleveland, Frank Jackson, a souligné mardi qu'il y avait «beaucoup de questions» sur «le pourquoi et le comment» de cette tragédie. Parmi les interrogations, l'incapacité des habitants du quartier comme des policiers à détecter des signes du drame qui se jouait à huis clos. La police dit n'avoir eu affaire à Castro qu'en deux occasions, une première fois en 2000, quand il avait appelé le 911 pour se plaindre d'une bagarre. Et la seconde en 2004, quand le chauffeur avait fait l'objet d'une inspection après la découverte d'un enfant enfermé, selon lui «par mégarde», dans son bus. À l'époque, l'enquête n'avait rien révélé.

 

En 1993, Castro avait fait l'objet d'une plainte pour violence familiale et sa femme l'avait quitté. «Peut-être que le voisinage a raté un indice», a reconnu l'agent du FBI Steve Anthony, parlant «d'un équilibre difficile entre vigilance et respect de la vie privée».

 

Janette Gomez, habitante du quartier, a expliqué que Castro n'était pas causant. Il garait sa moto et son pick-up derrière chez lui, pénétrant dans sa maison par la porte de derrière. La bâtisse, protégée des regards par des stores, restait souvent sans lumières. Un autre habitant a affirmé que Castro chantait parfois dans le bar… de l'oncle de Gina DeJesus, l'une des kidnappéestrois femmes liberees apres 10 ans de captivite a cleveland aux etats-unis

Publié dans : Actualités - Communauté : Un jour aprés l'autre - Par suzanne
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