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Affaire Trayvon Martin : journée de manifestations aux Etats-Unis

Affaire Trayvon Martin : journée de manifestations aux Etats-Unis

Une manifestation en mémoire à Trayvon Martin a également été organisée à Los Angeles, samedi 20 juillet. Sur la pancarte, on peut lire «Nous sommes tous Trayvon Martin. Le système entier est coupable».

 

Des centaines de personnes ont défilé à New York dimanche après-midi pour protester contre l'acquittement de George Zimmerman, accusé du meurtre du jeune noir Trayvon Martin.

 

Des militants ont défendu la justice et l'équité dans tout le pays samedi et ont rendu hommage à Trayvon Martin. Ici, à Los Angeles. (FREDERIC J. BROWN / AFP)

Des militants ont défendu la justice et l'équité dans tout le pays samedi et ont rendu hommage à Trayvon Martin. Ici, à Los Angeles. 


Les Etats-Unis vivaient samedi 20 juillet une journée de manifestations dans de nombreuses villes du pays à l'appel de militants des droits civiques et partisans du jeune Noir Trayvon Martin, sonnés par l'acquittement il y a une semaine de son meurtrier, George Zimmerman.

 

Ces manifestations "envoient au pays tout entier le message que nous n'allons pas rester les bras croisés", a déclaré sur CNN Tracy Martin, le père de Trayvon, alors que la manifestation se mettait en place à Miami. La mère de l'adolescent, Sybrina Fulton, devait elle participer à une marche à New York.

 

Devant un tribunal fédéral de Washington, à quelques encablures du Capitole, quelque 300 personnes, en majorité des Afro-Américains, étaient rassemblées sous le mot d'ordre "liberté et justice pour tous".

"Nous voulons la justice et l'équité", a déclaré à l'AFP Merlin Bowie, un père de famille noir venu avec sa femme et ses deux enfants.

 

C'est d'ailleurs ce slogan et pour la "protection des droits civiques" qu'Al Sharpton, figure de la lutte pour ces droits, a appelé cette semaine à manifester "devant des bâtiments fédéraux, pour "faire pression sur le gouvernement".

Le verdict du jury d'un tribunal de Sanford, en Floride (sud-est), la semaine dernière, a résonné jusqu'à la Maison Blanche d'où Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, a affirmé vendredi que lui-même "aurait pu être Trayvon Martin, il y a 35 ans".

 

L'acquittement de George Zimmerman, un vigile de quartier qui a tué le jeune homme de 17 ans en février 2012, avait déjà donné lieu à des manifestations spontanées la semaine dernière. La sentence avait réveillé les vieux démons de l'Amérique qui se redécouvrait pas encore en paix avec elle-même sur la question du racisme.

"Douleur" de la communauté noire

Lors de son intervention surprise vendredi, Barack Obama a affirmé qu'il était "compréhensible qu'il y ait eu des manifestations et des veillées (...) tant qu'elles restent non-violentes". "Si je vois que des violences se déroulent, alors je rappellerai que cela déshonorerait ce qui est arrivé à Trayvon Martin et sa famille", a-t-il prévenu.

 

Le président américain s'est gardé de critiquer le verdict des jurés qui ont estimé que Zimmerman avait agi en état de légitime défense, notant que le jury était souverain. "Une fois que le jury a parlé, c'est ainsi que fonctionne notre système", a-t-il fait valoir.

 

Il a néanmoins évoqué la résonance particulière et même la "douleur" provoquée par ce verdict au sein de la communauté noire, développant la réaction émue qu'il avait eue quelques semaines après la mort du jeune homme.

"Lorsque Trayvon Martin a été abattu, j'ai dit qu'il aurait pu être mon fils. Une autre façon de le dire, c'est qu'il y a 35 ans, j'aurais pu être Trayvon Martin", a affirmé Barack Obama, en soulignant que "la communauté afro-américaine observe ces questions à travers un ensemble d'expériences, et une histoire qui ne disparaît pas", allusion à l'esclavage, aboli il y a 150 ans, et au régime de ségrégation abrogé il y a seulement un demi-siècle dans des Etats du Sud.

 

Sybrina Fulton et Tracy Martin ont réagi en indiquant qu'ils étaient "profondément honorés et émus que le président ait pris le temps de parler en public, et longtemps, de notre fils Trayvon. Ce qu'il dit nous donne de la force. En s'identifiant à notre fils, le président lui a rendu un hommage magnifique".

 

"Nous nous félicitons de l'appel du président pour que les différentes communautés ouvrent un dialogue difficile", a poursuivi le communiqué, "pour qu'un enfant puisse à l'avenir marcher dans la rue et ne pas paraître dangereux à cause de la couleur de sa peau ou des vêtements qu'il porte".

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