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Au rythme d'un plan social par an, le nombre de salariés français d'Alcatel est passé de 12.500 en 2006 à 8.500 aujourd'hui. Après les coupes annoncées jeudi, il en resterait 6.000
Les salariés d'Alcatel-Lucent du site de Vélizy (Yvelines), dont la fermeture a été annoncée jeudi, paraissaient hier encore sonnés par l'annonce de la suppression de 1.430 postes en France et partageaient de vives inquiétudes.
«Des rumeurs circulaient depuis fin juillet, on pensait à 800 ou 900 suppressions de postes, mais 1.430, c'est énorme !», a confié Claudine, qui a souhaité conserver partiellement l'anonymat.
«L'hypothèse d'une disparition totale de la France d'ici quelques années n'est plus à exclure», s'inquiète Isabelle Guillemot, nouvelle secrétaire du Comité européen du groupe et déléguée CFDT. Au rythme d'un plan social par an, le nombre de salariés français d'Alcatel est passé de 12.500 en 2006, date de la fusion avec Lucent, à 8.500 aujourd'hui. Les suppressions annoncées hier porteraient à 6.000 le nombre de salariés dans l'Hexagone, soit une baisse de 50% en 6 ans.
Outre les 1.430 suppressions de postes en France, la direction a également annoncé jeudi la fermeture du site de Vélizy, le plus important du groupe en France avec 2.400 salariés. Les salariés qui ne seront pas concernés par le plan de restructuration devraient être transférés vers un autre site, dans l'Essonne.
Plusieurs centaines de salariés de Vélizy se sont réunis hier à la mi-journée dans la cour de l'établissement après la tenue d'un comité central d'entreprise (Photo AFP).
«Je ne vois pas d'avenir là où je suis», a pour sa part déclaré, fataliste, Blandine, une autre salariée.
«J'ai peur de comprendre que la France, qui avant était le coeur commercial d'Alcatel-Lucent, devienne aujourd'hui juste une filiale», a déploré Michel Niepsenon, ingénieur en recherche et développement, qui a dit avoir appris jeudi avec «stupéfaction» le plan de restructuration.