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Isabelle Yasmina Adjani, née le 27 juin 1955 à Paris, est une comédienne française, cinq fois lauréate du César de la meilleure actrice.
Elle débute à 14 ans au théâtre, puis entre à 17 ans à la Comédie-Française, elle devient célèbre au milieu des années 1970 grâce au cinéma. Elle y interprète fréquemment des personnages fragiles, mystérieux, perturbés, déments ou psychologiquement instables, dans des genres divers : polars, films dramatiques, comédies et films à costume.
Isabelle Adjani naît le 27 juin 1955 à Paris 17e, fille de Mohammed Chérif Adjani, soldat dans l'armée française durant la Seconde Guerre mondiale, originaire de Kabylie (Algérie), et d'une allemande, Augusta, décédée en février 20071,2,3.
Elle grandit à Gennevilliers, au nord-ouest de Paris avec son frère cadet Éric Hakim (qui deviendra plus tard photographe) et va au collège Paul Lapie à Courbevoie. Elle passera ensuite ses années de lycée au lycée Jean-Jaurès, à Reims. Elle obtient un premier rôle à 14 ans dans un film pour enfants, Le Petit Bougnat.
Elle entre à la Comédie-Française en 1972. Sa carrière cinématographique et théâtrale est prolifique depuis. Avec Isabelle Huppert et Christine Pascal, elles formaient un trio. Elles ont été colocataires à un moment, quand elles étaient pauvres et jeunes actrices pleines d'illusions et de désir de gloire (cf. Catherine Breillat "Corps amoureux" 2006).
En 1996, elle quitte la capitale française et s'établit en Suisse, à Genève. Elle déclarera : « lorsqu'on a la possibilité d'offrir à ses enfants une meilleure qualité de vie, il ne faut plus hésiter ». Elle reviendra en France présider le jury du 50e Festival de Cannes en 1997.
Elle a deux fils : le premier du chef opérateur et réalisateur Bruno Nuytten, Barnabé Saïd, né en avril 1979 et le second de l'acteur Daniel Day Lewis, Gabriel-Kane, né le 9 avril 1995.
Le jour de Noël 2010, son frère, Eric Hakim, meurt subitement d'une crise cardiaque. Il avait 53 ans.
En 1972, Isabelle Adjani joue avec la troupe de Robert Hossein, La Maison de Bernarda de Federico García Lorca, au côté d'Annie Ducaux. La pièce, qui est un triomphe, sera reprise plus tard au Théâtre de l'Odéon.
Annie Ducaux recommande alors sa partenaire à Jean-Paul Roussillon qui prépare une mise en scène de L'École des femmes de Molière à la Comédie-Française et cherche l'Agnès idéale. Elle prend le rôle, dans lequel elle fait sensation. Hossein retravaille avec Adjani et lui offre le rôle principal de Ondine de Jean Giraudoux.
Au cinéma, elle est révélée au grand public en 1974 par La Gifle de Claude Pinoteau dont le succès la propulse au rang des jeunes actrices françaises les plus en vue. Plusieurs cinéastes de premier plan l'engagent : François Truffaut avec L'Histoire d'Adèle H., André Téchiné avec Barocco et Les Sœurs Brontë, Roman Polanski avec Le Locataire ou encore Werner Herzog avec Nosferatu, fantôme de la nuit.
En 1981, elle est à l'affiche de Possession d'Andrzej Żuławski et de Quartet de James Ivory, deux films pour lesquels elle remporte le Prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes. Ces deux succès, joints à celui, immense, de L'Été meurtrier de Jean Becker en 1983 en font, dans les années 1980, la star féminine française la plus populaire et la plus adulée.
Dans Possession, elle interprète un double rôle sulfureux, halluciné et extrême qui fera d'elle le type même de l'héroïne romantique, tumultueuse et passionnée. Elle reçoit pour son interprétation sur le fil du rasoir un premier César en 1982. Vingt ans plus tard, en pleine promotion de La Repentie de Laetitia Masson, elle déclare à Studio Magazine détester ce film : « je dois à la "mystique" d'Andrzej Żuławski de m'avoir révélé des choses que je ne voudrais jamais avoir découvertes... Possession, c'était un film infaisable, et ce que j'ai fait dans ce film était tout aussi infaisable. Pourtant, je l'ai fait et ce qui s'est passé sur ce film m'a coûté tellement cher... Malgré tous les prix, tous les honneurs qui me sont revenus, jamais plus un traumatisme comme celui-là, même pas... en cauchemar ! ».
Avec Serge Gainsbourg, elle s'essaye à la chanson en 1974. Il lui fait enregistrer pour un show télévisé de Maritie et Gilbert Carpentier Rocking Chair. En 1983, elle réalise un album entier sous sa direction et se retrouve en tête des ventes de 45-tours avec Pull marine, dont le vidéo-clip est réalisé par Luc Besson. Elle obtient un petit succès avec Ohio. Quelques années plus tard, elle sort un single écrit sans Gainsbourg, La Princesse au petit pois, qui n'obtient qu'un succès très faible. Un album écrit et composé par Pascal Obispo était prévu pour l'année 2007 mais n'est finalement jamais sorti dans les bacs.
Après Possession, elle obtient quatre autres Césars du premier rôle : en 1984, en 1989, en 1995 et en 2010. Ils ont distingué respectivement son interprétation d'Elle, la jeune femme mystérieuse et provocante de L'Été meurtrier; son incarnation de la sculptrice à fleur de peau Camille Claudel dans le film homonyme, sa prestation en truculente et passionnée Marguerite de Valois dans La Reine Margot et enfin son rôle de professeur de français Sonia Bergerac, qui perd pied et prend sa classe en otage dans La Journée de la jupe. Elle a en outre aussi été nommée deux fois à l'Oscar de la meilleure actrice : en 1976 et en 1990 respectivement pour ses rôles d'Adèle Hugo dans L'histoire d'Adèle H. et de Camille Claudel dans l'œuvre éponyme qu'elle a d'ailleurs produite.
Après Camille Claudel en 1988, Isabelle Adjani disparaît du grand écran. Elle ne retrouve le chemin des plateaux qu'en 1993 pour les besoins du film Toxic Affair. Cette comédie, pour laquelle elle touche un cachet de 10 millions de francs, ce qui représente alors un record dans le cinéma français, est cependant un lourd échec critique et public4. La Reine Margot lui offre l'année suivante le rôle principal d'un nouveau film de prestige qui lui vaut de renouer un temps avec le succès. Mais Diabolique, remake du film d'Henri-Georges Clouzot tourné au États-Unis avec notamment Sharon Stone et Kathy Bates, ne rencontre pas les faveurs de la presse et des spectateurs. Ses prestations à l'écran se raréfient à nouveau. Après quatre ans d'exil suisse, Isabelle Adjani revient à Paris à l'automne 2000 pour jouer sur la scène du théâtre Marigny La Dame aux camélias. En 2002, La Repentie, film écrit spécialement pour elle, est un nouvel échec commercial. En 2002, elle interprète la Comtesse Ellénore dans Adolphe de Benoît Jacquot, l'adaptation cinématographique du chef d'œuvre de Benjamin Constant. En 2003, elle devient une star de cinéma hystérique et mythomane, prise dans la débâcle de 1940 dans Bon voyage de Jean-Paul Rappeneau.
Après trois nouvelles années d'absence, Isabelle Adjani fait un retour sur les planches du Marigny à l'automne 2006, pour incarner le rôle titre de la pièce de Wolfgang Hildesheimer: La Dernière Nuit pour Marie Stuart, reine d'Écosse et de France, exécutée en 1587. Du 11 juin au 16 juillet 2007, elle tourne dans la région de Fontainebleau une nouvelle adaptation télévisée du Mariage de Figaro de Beaumarchais intitulée simplement Figaro et réalisée par Jacques Weber, où elle reprend le rôle de la comtesse Almaviva.
Durant le printemps 2008 Adjani tourne pour Arte La Journée de la jupe où elle incarne une professeur de banlieue qui perd ses moyens et prend sa classe en otage. Ce film, où elle apparaît fragile et métamorphosée, fait sensation au Festival de La Rochelle. Il est diffusé sur Arte le 20 mars 2009 en avant-première (record d'audience historique de la chaîne avec 2,2 millions de téléspectateurs), puis dans les salles de cinéma à partir du 25 mars 2009. Le César qu'elle reçoit pour ce film en 2010 lui permet de revenir sur le devant de la scène et fait d'elle la personnalité française la plus récompensée de la cérémonie (avec 5 statuettes gagnées sur 8 nominations).
Fin 2010, elle tourne De force de Frank Henry qui sort en octobre 2011 mais qui est un échec retentissant. Même la presse, suite à quelques problèmes de projection privée, n'a pas la possibilité de voir le film avant sa sortie et donc d'en écrire la moindre critique.
De mars à mai 2011, elle tourne en région parisienne, puis dans la région Rhône-Alpes et en Franche-Comté, David et Madame Hansen de Alexandre Astier.