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Le scrutin présidentiel en Corée du Sud, mercredi 19 décembre, est extrêmement serré entre les deux principaux candidats – la conservatrice Park Geun-hye, 60 ans, et le progressiste Moon Jae-in, 59 ans – pour succéder à Lee Myung-bak, selon les derniers sondages publiés le 13 décembre. Voici les clefs de cette élection qui se déroule en un seul tour.
La province de Kyongsang, dans le sud-est, est le bastion de Park Geun-hye, la candidate conservatrice du parti au pouvoir Saenuri (Nouvelle frontière), qui a consacré toute sa vie à la politique en sacrifiant sa vie de famille (elle est célibataire). Elle a réussi à être élue cinq fois d'affilée comme parlementaire dans sa ville natale de Daegu, d'où son surnom de "reine des élections".
Moon Jae-in part favori à Séoul et dans la région qui l'entoure, celle de Gyeonggi. Les deux candidats ont concentré leurs efforts dans cette province, qui héberge près de la moitié des électeurs.
LES GÉNÉRATIONS
"L'une des clefs du scrutin est la participation des jeunes", explique Pascal Dayez-Burgeon, auteur de Histoire de la Corée : des origines à nos jours (Tallandier, 480 p., 24,90 euros). Les intentions de vote exprimées dans les sondages montrent en effet une nette différence générationelle. Les plus de 50 ans penchent pour Mme Park, dont le père, Park Chung-hee représente à la fois les années de dictature mais aussi celles du miracle économique coréen (1961-1979).
Les moins de 40 ans sont plutôt partisans de M. Moon. Le "champ de bataille" pour les deux candidats se situent donc chez les quadragénaires, qui sont les plus nombreux (21,8 % des 40,5 millions d'électeurs inscrits). Ils ont vécu la transition économique mais doivent faire face aux conséquences du ralentissement économique dans un pays qui dépend majoritairement de ses exportations.
C'est l'un des facteurs clefs pour une victoire dans un scrutin à un tour. Selon les analystes, une faible participation favoriserait la candidate conservatrice, qui peut bénéficier de la loyauté d'un électorat plus âgé. La mobilisation de la jeunesse, grâce aux réseaux sociaux extrêmement populaires en Corée du Sud, pourrait, au contraire, profiter à son adversaire progressiste. Sa formation vise une participation de 77 %. Au-dessus, M. Moon a promis de danser le Gangnam Style, popularisé dans le monde entier par le chanteur sud-coréen Psy. En 2007, lors de la précédente élection, la participation avait été de 63 %. Les quinquagénaires s'étaient le plus déplacés aux urnes.
Par ailleurs, c'est à Séoul que se trouvent le plus grand nombré d'indécis, selon les enquêtes d'opinion.
Mme Park peut espérer une mobilisation de l'électorat féminin, avec une avance de dix points selon un sondage d'Asan Institute. Si elle est élue, elle deviendrait la première femme à accéder à la présidence dans un pays encore très phallocrate.
Les deux principaux candidats se sont, chacun à sa manière, démarqué de la politique ultralibérale de l'actuel président. En matière économique, alors que la quatrième économie asiatique fait face à un ralentissement, ils promettent tous deux de lutter contre les inégalités sociales, de favoriser une plus grande redistribution des revenus et de soutenir les petites entreprises, même si M. Moon se montre plus ferme face à la puissance des conglomérats (chaebols), qu'il souhaite limiter.
Sur la Corée du Nord, ils se sont également prononcés pour une reprise du dialogue, Mme Park se montrant cependant plus prudente en exigeant de Pyongyang des engagements.