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En Algérie, l'assaut meurtrier

Un assaut a été lancé contre ce groupe qui retenait plusieurs centaines d'employés algériens et une quarantaine d'étrangers de différentes nationalités.
Un assaut a été lancé contre ce groupe qui retenait plusieurs centaines d'employés algériens et une quarantaine d'étrangers de différentes nationalités. Crédits photo : demotix / Demotix/demotix / Demotix

Au lendemain de la prise en otage de plusieurs centaines d'employés sur un site gazier par des djihadistes, les forces de sécurité sont passées jeudi à l'offensive. Le bilan serait lourd.

 

Alger a opté jeudi pour la force, 24 heures après l'entrée, dans la nuit de mardi à mercredi, des terroristes islamistes sur le complexe gazier d'In Aménas, exploité par BP tout près de la frontière libyenne. Le ministre de l'Intérieur, Dahou Ould Kablia avait rejeté toute négociation avec les preneurs d'otages. « Les autorités algériennes ne répondront pas aux revendications des terroristes et refusent toute négociation », avait-il indiqué. «Le cours des événements n'augure rien de bon pour les otages, confiait jeudi soir au Figaroun ex-haut responsable des services de renseignements algériens. Mais il est tout à fait clair que les terroristes seront totalement éliminés, quel que puisse être le prix à payer.»

Un assaut a donc été lancé contre ce groupe qui retenait plusieurs centaines d'employés algériens et une quarantaine d'étrangers de différentes nationalités, parmi lesquels des Français, des Britanniques, des Norvégiens, des Américains et des Japonais notamment. Au cours de cette attaque, qui aurait été appuyée par des hélicoptères, de nombreux otages auraient été tués. Le bilan de l'opération, conduite jeudi à la mi-journée et qui était toujours en cours dans la soirée, était, selon les autorités algériennes, de trente otages tués, parmi lesquels sept ressortissants étrangers, dont un Français. Onze terroristes de différentes nationalités auraient également perdu la vie, dont semble-t-il un Français, même si cette information n'avait pas été immédiatement confirmée par Paris. Ces chiffres étaient toutefois partiels et provisoires, alors que seule une partie du complexe était sous contrôle de l'armée algérienne, à savoir le «site de vie», où se trouvait la majorité des otages. Les forces de sécurité encerclaient toujours au début de la nuit l'usine gazière.

 

Toute la journée, des informations souvent parcellaires, fournies tantôt par Alger, par les terroristes ainsi que par plusieurs otages, se sont succédé, se contredisant souvent. Selon un islamiste, l'attaque aurait causé la mort d'une cinquantaine de personnes, en majorité des otages. En plein assaut, un responsable du groupe lié à al-Qaida, auteur du rapt, témoigne auprès de l'agence mauritanienne ANI. «Des avions de combat et des unités au sol ont entamé une tentative de prendre de force le complexe. » Il menace alors de «tuer tous les otages » si les forces algériennes poursuivent leurs opérations.

 

Le porte-parole des islamistes a affirmé qu'ils essayaient «de transporter une partie des otages vers un lieu plus sûr à bord de véhicules » lorsque l'armée algérienne les a bombardés, tuant selon lui 34 otages et 15 ravisseurs. «Trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique ont survécu », a-t-il précisé en cours d'opération. Le nombre des blessés, tant parmi les otages que parmi les forces sécuritaires et les islamistes, n'avait pas été communiqué hier soir.

Les premières victimes sont décédées au premier jour de la prise du site par les islamistes, auxquels elles tentaient de résister. Au moins un Algérien et un Britannique. Impossible de savoir si les terroristes ont ensuite assassiné certains de leurs otages, ou s'ils ont tué ceux qui cherchaient à fuir. Selon l'agence de presse algérienne, quatre otages - un Français, deux Britanniques et un Kényan - ont été libérés lors de l'opération.

 

La plupart des employés algériens, voire la quasi-totalité, seraient sortis indemnes du site d'In Aménas. L'agence de presse algérienne a ainsi annoncé que quelque 600 Algériens avaient été «libérés ». Mais nombre d'entre eux ne l'ont pas été du fait de l'intervention militaire. Avant même l'assaut, par petits groupes, ils s'étaient enfuis ou avaient été relâchés par leurs ravisseurs. Une trentaine d'Algériens sont parvenus à quitter le complexe gazier, avait annoncé jeudi la préfecture d'Illizi.

 

Les terroristes, dont on peinait à évaluer le nombre, sans doute quelques dizaines, semblent n'avoir pas été en mesure de garder autant d'otages, répartis sur plusieurs sites du complexe. Des étrangers, notamment des Occidentaux auraient, eux aussi, réussi à fausser compagnie à leurs geôliers. Quinze étrangers, dont un couple de Français, se sont échappés, a annoncé la chaîne privée algérienne Ennahar, dont l'information n'a pas été reprise.

 

Le ministre de l'Intérieur algérien Dahou Ould Kablia a annoncé que le groupe d'islamistes venait de la Libye voisine, et a confirmé que la prise d'otages avait été planifiée sous la direction de Mokhtar Belmokhtar, un Algérien, fondateur d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) qui a pris son indépendance en décembre. Des sources sécuritaires françaises et américaines estimaient hier que l'attaque avait été planifiée bien avant les premières frappes françaises sur le Mali, et qu'elle n'avait sans doute pour autre but que d'obtenir une rançon substantielle pour soutenir leur effort de guerre.

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