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Grèves et manifestation violente à Athènes

vendredi 19 octobre 2012
À Bruxelles, un sommet des chefs d'État européens (lire ci-contre). À Athènes, des milliers de manifestants dans les rues.

Éreinté par cinq années consécutives de récession, le peuple grec avait choisi son jour pour interpeller les dirigeants européens. La mobilisation contre l'austérité fut dense : entre 25 000 et 40 000 selon les sources. Et émaillée

d'affrontements : cinquante personnes ont été interpellées. Un manifestant de 65 ans est mort d'une crise cardiaque. Dans l'épais cortège de manifestants à Athènes, Konstantinos Balomenos, 58 ans, employé dans une usine de traitement des eaux, a dit son désarroi. Son salaire a été réduit de moitié, à 900 €, et ses fils sont au chômage. « [...] Nous voulons vivre comme des Grecs, et non comme des inférieurs serviles », soupirait aussi Aliki Vassiloudi, 40 ans, au chômage.

 

Quatre points de désaccord

 

C'était le quatrième appel à la grève générale des syndicats depuis janvier. Le pays redoute de nouvelles coupes budgétaires. à juste titre. Les bailleurs de fonds du pays (Union européenne, Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, dite la « troïka ») et le gouvernement cherchent toujours un accord avant le déblocage d'un prêt de 31,5 milliards d'euros. En contrepartie, la troïka réclame 11,5 milliards d'euros de nouvelles économies.

 

Selon lesechos.fr, les négociations butent sur quatre points. La troïka souhaiterait que les indemnités de licenciement soient divisées par deux (douze mois payés, contre vingt-quatre aujourd'hui) et que le préavis soit réduit de 6 à 3 mois. Elle veut également la suppression des augmentations automatiques de salaire liées à l'ancienneté d'entreprise (de 9 % à 10 % tous les trois ans pendant les douze premières années de travail dans une société). Les bailleurs de fonds souhaitent aussi l'étalement sur six jours, au lieu de cinq, de la semaine de travail de 40 heures. Et, pour finir, le licenciement au plus vite de 15 000 fonctionnaires.

 

Des sujets pour le moins délicats, qui irritent jusqu'au sein de la coalition gouvernementale. Or il y a urgence : d'ici à fin novembre, le pays sera à cours de liquidités. Mais « donner son accord à des mesures catastrophiques, c'est conduire la société au désespoir », s'alarme Yannis Panagopoulos, secrétaire général du syndicat GSEE. Nouvelle mobilisation le 14 novembre, pour une action européenne. Avec l'Espagne et le Portugal.

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