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Les agresseurs ont reconnu avoir torturé et violé l'étudiante pour lui "infliger une leçon". Cinq d'entre eux ont été inculpés pour meurtre, enlèvement et viol.
Le père de la jeune étudiante indienne morte des suites d'un viol collectif à New Delhi souhaite que les auteurs de l'agression soient condamnés à la pendaison et qu'une nouvelle loi sur les crimes sexuels porte le nom de sa fille.
Six hommes, dont un mineur, ont été arrêtés dans le cadre de l'enquête. Les cinq agresseurs majeurs ont été inculpés jeudi de viol et de meurtre. Le sixième sera jugé par un tribunal pour enfants. Le meurtre est passible de la peine de mort en Inde et la pendaison est réservée aux "cas les plus rares".
"Le pays tout entier réclame que ces monstres soient pendus. Je suis de leur côté", a déclaré le père de la victime à la presse dans son village, Mandwara Kalan, dans l'Uttar Pradesh.
La dernière exécution en Inde remonte à novembre avec la pendaison du seul survivant du commando responsable des attentats de novembre 2008 à Bombay. Il s'agissait de la première exécution capitale depuis 2004.
L'agression et le viol collectif dans un bus le 16 décembre de cette étudiante en médecine de 23 ans ont soulevé une vague d'indignation sans précédent et ouvert un débat national sur les violences faites aux femmes en Inde, où un viol est signalé aux autorités toutes les 20 minutes en moyenne.
La jeune femme, dont l'identité n'a pas été révélée conformément à la loi, a succombé samedi à ses blessures dans un hôpital de Singapour où elle avait été transférée.
Selon la police, les agresseurs ont reconnu avoir torturé et violé l'étudiante pour lui "infliger une leçon". Lors de l'agression, elle s'est défendue et a mordu trois d'entre eux, dit-on de source policière. Les traces de morsure serviront de preuve contre eux.
Le père de la victime souhaite que la loi soit modifiée pour que l'agresseur mineur puisse être condamné à mort. Il a par ailleurs apporté son soutien à une initiative visant à donner le nom de sa fille à une nouvelle loi contre le viol.
"Elle est celle qui a été sacrifiée", a-t-il estimé avant de saluer la mémoire de sa fille. "Elle me disait 'papa, là où tu es né c'est arriéré, si je deviens médecin, j'améliorerai avant tout les conditions de vie du village'."
Deux commissions dirigées par des magistrats à la retraite ont été mises en place par le gouvernement pour formuler des propositions en vue d'un durcissement des lois et l'instauration de procédures plus rapides, aussi bien pour les condamnations que pour la protection des femmes.
Des avocats ont manifesté jeudi devant le tribunal où les cinq agresseurs présumés ont été inculpés, pour réclamer des procédures judiciaires plus rapides.
"Nous voulons que les lois soient amendées et durcies pour qu'avant même qu'une personne songe à toucher une fille, elle sente un frisson sur sa nuque", a expliqué une avocate, Suman Lata Katiyal.