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Indignation après le viol d’une étudiante

 

Inde. Le viol collectif d’une étudiante à New Delhi la semaine dernière a provoqué une vague de colère en Inde, où les victimes d’agressions sexuelles peinent souvent à obtenir justice.

Hier encore, des manifestations ont eu lieu dans les rues de New Delhi. Photo Raveendran / AFP
Hier encore, des manifestations ont eu lieu dans les rues de New Delhi. Photo Raveendran / AFP

Aux cris de « justice, justice ! », des milliers de personnes ont défilé dimanche à New Delhi en soutien à la victime d’un viol collectif. Des affrontements survenus en marge de cette manifestation ont fait une centaine de blessés, dont 60 policiers. Le même jour, un journaliste de télévision de 36 ans a été tué par balles par la police à Imphal, dans l’Etat reculé du Manipur. Les autorités avaient pourtant interdit tout rassemblement après des scènes de violence lors de manifestations similaires la semaine dernière.

A Delhi le 16 décembre, une étudiante kinésithérapeute de 23 ans et un ingénieur informaticien de 28 ans sortent du cinéma et montent dans un bus pour rentrer chez eux. Un groupe d’hommes attend à l’intérieur. Alors que le véhicule aux vitres teintées circule en ville, la jeune femme est violée tour à tour par les six passagers et battue avec des barres de fer. Les deux jeunes gens sont ensuite jetés du bus, nus et ensanglantés, sur le bord de la route. La jeune femme, qui souffre de graves blessures intestinales, est toujours en soins intensifs. Son compagnon est gravement blessé. Les six hommes, ivres au moment des faits, ont été arrêtés.

Le fait-divers a provoqué une vague d’indignation en Inde, et pas seulement parce qu’un responsable de la police indienne a ensuite conseillé aux femmes d’éviter de sortir à la nuit tombée et de se munir de poudre de piment à lancer aux assaillants.

 

La semaine dernière, les débats ont porté sur le durcissement des sanctions, des renforts de police et une meilleure organisation des transports publics. Mais pas sur le fait que les victimes de viols ou d’agressions sexuelles n’ont pas confiance en la police. L’idée que les accusations de viol sont majoritairement proférées par des femmes déçues après une relation sexuelle consentie semble partagée par de nombreux policiers à travers le pays – c’est en tout cas ce que répondait plus de la moitié des quelque 30 policiers interrogés par le magazine Tehelka, dans une enquête publiée au printemps dernier. En 2011, New Delhi enregistrait officiellement 568 viols. Ce qui fait déjà un toutes les 15 heures.

La réaction

Manmohan Singh, Premier ministre, s’est exprimé hier dans une allocution à la télévision, qui n’a pas toujours convaincu. « Je vous assure que je vais faire tous mes efforts pour assurer la sécurité de toutes les femmes de ce pays, a-t-il ajouté. En tant que père de trois filles, j’ai les mêmes sentiments que vous. Nous nous assurerons que justice soit rendue. »

 

Hier, Twitter était assailli de messages utilisant le hashtag « Theekhai », dénonçant l’insensibilité du Premier ministre. Le mot-clé fait en effet référence à une expression lancée à la fin de son allocution ; « theek hai ». Un « c’est bon ? » sans doute adressé à ses conseillers ou aux techniciens présents sur le plateau.

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