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Le réseau Saint-Lazare paralysé pendant quatre heures

Les trains ont été bloqués hier sur les lignes J et L du Transilien et une partie du RER A après l’agression d’un agent à Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines).

RER à Pari. - AFP

 

La SNCF invite les usagers à reporter leur déplacement ou à préférer d'autres moyens de transport. (MARZARI EMANUELE/SIPA)

 

«Il y en a un qui prend une claque, et un million de personnes sont immobilisées? » A l’image de ce voyageur furieux, coincé hier après-midi sur les quais de la gare Saint-Lazare à , de nombreux Franciliens ont été pris au piège d’un mouvement de conducteurs après l’agression d’un des leurs en début d’après-midi, à Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines).


Selon un porte-parole de la , le cheminot aurait été giflé par trois adolescents qu’il venait de sermonner parce qu’ils avaient traversé les voies. Les conducteurs de la plupart des lignes desservant Saint-Lazare ont fait jouer leur droit de retrait en apprenant l’agression de leur collègue. A 16 heures, le trafic était quasi nul sur les lignes de Transilien J et L ainsi que sur la ligne A du RER, au-delà de Saint-Lazare. Le trafic des trains grandes lignes à destination ou en provenance de Normandie a également été très fortement perturbé.

Incompréhension et colère chez des usagers


A Saint-Lazare, on se bouscule devant les panneaux d’information, cherchant désespérément une ligne qui partirait enfin du quai. L’incompréhension règne et la colère monte chez les usagers. « Je ne comprends pas pourquoi tout le monde est pénalisé. Je dois rentrer chez moi, près de Bécon-les-Bruyères (Hauts-de-Seine), et je ne prendrai pas de taxi parce que j’ai déjà acheté mon billet de train », rage Nicole, retraitée. Fanny, 20 ans, doit se rendre à Gisors, dans l’Eure : « Je viens de Pornic (NDLR : Loire-Atlantique). J’ai fait six heures de route pour arriver ici! J’en ai ras le bol… »

La foule se densifie, les visages se crispent. Les agents SNCF déployés aux quatre coins de la gare sont sollicités de toute part. Brigitte attend depuis déjà un moment. Elle est supposée être à Mantes-la-Jolie (Yvelines) dans une heure. « Je vais dormir ici! » plaisante-t-elle, bonne joueuse. Chaque voyageur s’accroche à son téléphone et tente de trouver une alternative pour se rendre à destination. Certains quittent la place, dépités, en se souhaitant mutuellement bon courage.

Sur le RER A, le trafic est revenu à la normale vers 17 heures. Il a fallu attendre encore une heure pour que les Transilien reprennent progressivement leur service.

A 19 heures, sur les lignes J et L, la SNCF annonçait la circulation d’un train sur deux ou deux trains sur trois selon les branches. La gare Saint-Lazare restait cependant bondée : à ces heures de pointe, il n’y a pas assez de rames pour faire face à l’afflux.

« La loi sur le service minimum (NDLR : qui oblige les grévistes à se déclarer au moins 24 heures avant l’arrêt de travail) nous permet d’anticiper les problèmes, indique cet agent SNCF. Mais le droit de retrait, qui s’apparente à une grève sans préavis, c’est imparable. D’un seul coup, tout se bloque. »

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