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Shinzo Abe a pour priorité de sortir le Japon de la déflation

Le nouveau premier ministre japonais, Shinzo Abe, a fait de la revitalisation de l'économie sa première priorité. Décidé à "sortir le pays de la déflation et du yen fort tout en créant de la croissance", il a choisi de s'appuyer sur des poids lourds de sa formation, le Parti libéral-démocrate (PLD), à commencer par Akira Amari.

 

Ex-ministre de l'économie, du commerce et de l'industrie (METI), l'élu du département de Kanagawa (sud de Tokyo) prend la tête d'un nouveau bureau de revitalisation de l'économie et du conseil de politique économique et fiscale. Recréée par M. Abe, cette dernière structure avait conçu une partie des réformes du premier ministre Junichiro Koizumi (en poste de 2001 à 2006) avant de disparaître des gouvernements suivants.

 

Les élus de son parti applaudissent Shinzo Abe (debout, au centre), le 26 décembre, à la Chambre basse du Parlement, à Tokyo, après son élection par les députés au poste de premier ministre.

Shinzo Abe, le premier ministre japonais, arrive à sa résidence officielle à Tokyo, le 26 décembre.

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Autre personnalité importante du dispositif, l'ancien premier ministre Taro Aso (en poste en 2008-2009) hérite du puissant ministère des finances et du poste de vice-premier ministre. Le METI revient à Toshimitsu Motegi, ancien de la maison de commerce Marubeni.

 

La nouvelle administration veut sortir l'Archipel de la morosité. La croissance est attendue par le Fonds monétaire international à 2,2 % en 2012, puis à 1,3 % en 2013. Pour relancer l'activité, M. Abe pourrait accélérer les négociations d'accords de libre-échange, notamment le partenariat transpacifique, cher à Barack Obama.

 

Il veut aussi convaincre la Banque du Japon (BoJ) de fixer un objectif d'inflation de 2 %, contre 1 % aujourd'hui, avec l'espoir de sortir de la déflation qui dure depuis 1997. "J'espère que l'établissement central prendra des mesures originales, a déclaré, le 25 décembre, M. Abe lors d'une rencontre avec l'organisation patronale Keidanren, notamment de courageuses décisions d'assouplissement monétaire."


PLUS GRANDE DISCIPLINE FISCALE 


Le nouveau dirigeant poursuit ainsi son affrontement avec l'établissement central. Il a déjà annoncé le remplacement en avril 2013 du gouverneur de la BoJ, Masaaki Shirakawa, par une personne "soutenant nos idées". Il menace de réviser la loi encadrant les activités de la BoJ –et garantissant son indépendance– si elle n'adopte pas le nouvel objectif d'inflation lors de la réunion de ses dirigeants, les 21 et 22 janvier.

 

Ces menaces interviennent alors que la banque centrale a annoncé, le 20 décembre, une hausse de 10 000 milliards de yens (89 milliards d'euros), à 101 000 milliards de yens, de son programme d'achat d'actifs lancé en 2010, essentiellement des bons du gouvernement.

 

Même s'il a accepté ce nouvel assouplissement, M. Shirakawa redoute de voir la confiance des marchés dans le Japon s'amenuiser. Le 20 décembre, il rappelait qu'avant la nouvelle hausse, le programme d'achat d'actifs représentait déjà 27 % du produit intérieur brut (PIB), "le niveau le plus élevé des pays développés".

 

Masaaki Shirakawa a appelé également le gouvernement à adopter "de courageuses mesures de dérégulations", tout en plaidant pour une plus grande discipline fiscale.

 

Or M. Abe, dont les promesses baptisées "Abenomics" ont déjà permis aux indices phares de la Bourse de Tokyo de fortement remonter, envisage dès janvier l'adoption d'un plan de 10 000 milliards de yens pour financer des travaux publics. Cette décision rappelle la politique suivie par le PLD avant sa défaite de 2009. Elle devrait alourdir la dette de l'Archipel, qui s'élève déjà à plus de 200 % du PIB.

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